Introduction

« L’apathie c’est plate » est un organisme caritatif non partisan dirigé par des jeunes et d’envergure nationale qui s’emploie depuis 2004 à renseigner les jeunes Canadiens sur la démocratie. Conformément à notre stricte politique de non-partisanerie, nous ne nous prononçons pas sur les politiques publiques, et ne prenons donc pas parti publiquement pour ou contre la Loi sur l’intégrité des élections. Notre objectif ici est de fournir une analyse exacte, impartiale et équilibrée du comportement électoral des jeunes au Canada en relation avec cette loi, dans l’espoir d’alimenter utilement le débat actuel. Nous avons donc proposé trois questions clés auxquelles réfléchir :

 

1. Si Élections Canada n’a plus le pouvoir d’investir dans des campagnes visant à encourager les électeurs à voter ni de les mener, qui donc fera les efforts pour sensibiliser les citoyens qui ne votent pas et les jeunes qui cherchent à savoir s’ils voteront pour la première fois?

 

2. Si des exigences plus strictes en matière d’identification sont mises en place, il sera crucial de se poser la question suivante : quels moyens mettra-t-on en place pour corriger leurs effets éventuellement négatifs sur les jeunes en âge de voter, mais non inscrits sur les listes électorales?

 

3. En tentant de protéger la démocratie des risques liés à l’administration des élections, comment contrer le risque que pose pour la démocratie l’actuel comportement électoral des jeunes, à savoir une participation électorale plus faible, et son impact sur les habitudes de vote à plus long terme?

 

Participation électorale des jeunes
La participation électorale des jeunes n’est pas une question partisane. Il est dans l’intérêt de la société canadienne dans son ensemble d’inculquer des valeurs démocratiques aux nouvelles cohortes d’adultes, de sorte que notre démocratie s’épanouisse de génération en génération. Les jeunes ne doivent pas être perçus comme un bloc monolithique qui voterait dans un sens ou dans un autre. En fait, le contraire a été prouvé, puisque le programme Student Vote montre que les résultats d’élections factices tenues dans des écoles secondaires sont très semblables aux résultats d’élections réelles1. Un sondage récent a également révélé que les jeunes ayant entre 18 et 24 ans appuient les partis politiques dans des proportions semblables aux autres groupes d’âge adulte et priorisent plus ou moins les mêmes enjeux que les autres générations, même celles des gens de plus de 60 ans2. L’un des grands facteurs qui déterminent si un jeune décidera de voter, ce sont les discussions et les interactions avec ses parents3, ce qui explique pourquoi les valeurs et les choix des premiers ne sont pas très loin de ceux des seconds.

La participation électorale au Canada a reculé considérablement depuis 40 ans, mais de façon inégale selon les groupes d’âge. Le taux de participation des Canadiens de plus de 55 ans aujourd’hui se situe autour de 70 à 75 %, un niveau comparable au niveau que cette même cohorte votait lorsqu’elle était plus jeune4. Les jeunes d’aujourd’hui sont environ moitié moins nombreux à voter que les jeunes durant les années 1960. Lors des élections fédérales de 2011, seulement 38,8 % des jeunes de 18 à 24 ans5ont voté, confirmant une tendance à la baisse à long terme dans le nombre de nouveaux électeurs participant au processus électoral, tendance généralisée dans le monde occidental.

Si les jeunes votent au cours des deux premières élections auxquelles ils en ont le droit, ils auront tendance à voter le restant de leur vie. Cependant, ceux qui ne votent pas tôt dans leur vie d’adulte sont moins susceptibles de commencer à voter plus tard6. Par conséquent, une faible participation électorale des jeunes peut avoir un effet significatif et durable sur la participation électorale future.

 

Promotion de la démocratie
(changements proposés à l’article 18 de la Loi électorale du Canada)

Le principal facteur qui détermine la participation électorale, c’est la motivation7. « L’apathie c’est plate » a donc centré son travail sur la fourniture des outils nécessaires aux jeunes Canadiens pour qu’ils sachent comment, où et quand voter, et sur des campagnes conçues par des jeunes pour les jeunes sur la question importante de savoir pourquoi voter.

De nombreuses recherches ont montré que les stratégies axées sur les facteurs de motivation sont très efficaces. Par exemple, les campagnes de motivation menées en personne entre pairs, comme bon nombre de celles que « L’apathie c’est plate » organise, ont permis d’accroître la participation électorale de 8 à 10 points de pourcentage8. L’incidence sur la participation électorale a non seulement été importante, elle peut aussi être mesurée selon le message utilisé9. La motivation est un facteur qui entre dans la décision de voter ou de s’abstenir, et elle peut servir, et a effectivement été utilisée avec succès, comme moyen d’accroître la participation électorale.

Nous reconnaissons que les représentants élus et les partis politiques ont un rôle important à jouer pour ce qui est de mobiliser les électeurs et de les encourager à voter. Cela dit, il est également important, à notre avis, que les acteurs non partisans contribuent à la sensibilisation civique et démocratique, justement parce qu’ils n’ont pas un intérêt directe dans les résultats électoraux, mais cherchent à intervenir au nom du processus politique et de ses valeurs plutôt que de ses fins. Si les partis politiques choisissent de s’adresser à leur base et aux électeurs indécis, les intervenants non partisans comme « L’apathie c’est plate », Samara, Vote étudiant et Élections Canada cherchent à encourager les non- votants à voter, et ainsi accroître le bassin d’électeurs. Cela est essentiel afin de renouveler la santé de notre démocratie.

« L’apathie c’est plate » a toujours mesuré et quantifié son incidence, mais pour ce faire, elle a besoin à la fois du soutien des experts et de l’engagement de ses partenaires et d’institutions pour bâtir une culture factuelle qui garantit des effets mesurables et rentables pour nos activités.

Étude après étude, nous avons constaté que la participation des jeunes aux élections recule dans le monde occidental et que la motivation est un facteur plus important que l’accessibilité au processus électoral10. Il s’agit d’un facteur critique à prendre en considération lorsque l’on cherche à corriger ce recul de la participation électorale des jeunes et un facteur qui, à notre avis, devrait être pris en compte dans le débat entourant le projet de loi C-23. Si Élections Canada n’a plus le pouvoir d’investir dans les campagnes de sensibilisation ni de les mener pour encourager les électeurs, qui s’occupera activement d’aller rejoindre les citoyens qui ne votent pas et les jeunes qui se demandent s’ils iront ou non voter pour la première fois? Y aura-t-il d’autres possibilités pour tous les intervenants démocratiques, et pas seulement les partis politiques, de mettre sur pied et de communiquer des pratiques exemplaires dans le domaine de la mobilisation des non-votants, surtout chez les jeunes? Est-ce qu’Élections Canada sera en mesure de continuer à investir dans ses projets de recherche visant à mieux comprendre le désengagement des jeunes face aux élections et à y trouver des solutions stratégiques à la fois rentables et efficaces?

 

Les répondants et les cartes d’information de l’électeur
(changements proposés à l’article 143 de la Loi sur la réforme électorale)

Pourquoi les jeunes votent-ils moins que leurs aînés? Nous savons que ce n’est pas parce qu’ils croient moins en la démocratie. Lorsqu’ils sont sondés, 80 % des adolescents indiquent qu’ils ont l’intention de voter11. Mais ils ne concrétisent pas ces intentions dans les mêmes proportions. Si la motivation est un facteur clé, nous devons également tenir compte d’un second facteur : l’accessibilité.

Les jeunes sont très mobiles. Ils quittent le foyer familial pour suivre leurs études, puis se déplacent encore pour trouver du travail. Ils sont donc moins susceptibles d’être inscrits sur les listes électorales et, s’ils le sont, il est très probable que l’information sera incorrecte. Par conséquent, ils ne recevront pas d’avis les appelant à voter, ni les renseignements sur le moment, le mode ou le lieu des élections. L’exactitude des listes électorales laisse à désirer en raison de la forte mobilité des jeunes. Par exemple, pendant que « L’apathie c’est plate » travaillait aux côtés d’Élections Colombie-Britannique en 2013, nous avons appris que 91,3 % des personnes de plus de 60 ans sont correctement inscrites sur les listes électorales, mais que ce n’est le cas que de 72,9 % des jeunes de moins de 30 ans12. Ce chiffre ne tient compte que des personnes effectivement inscrites sur ces listes. En Colombie-Britannique, la liste électorale ne regroupe que 62,5 % des 18 - 29 ans. Cela signifie qu’il y a donc très probablement13 plus de jeunes en Colombie-Britannique qui ne sont pas sur la liste ou qui y sont incorrectement inscrits (54,5 %) qu’il n’y a de personnes de ce groupe d’âge correctement inscrites (45,5 %).

Pour faciliter la participation électorale des groupes ayant le plus de problèmes d’accessibilité, à savoir les personnes âgées, les jeunes et les Autochtones, Élections Canada a établi un projet pilote au cours des élections fédérales de 2011 misant sur les cartes d’information de l’électeur (CIE) comme moyen d’identification (il fallait également présenter une pièce d’identité munie d’une photo). Ce projet a été limité à certaines collectivités autochtones, aux maisons de retraite et aux établissements d’enseignement universitaire et, selon les résultats obtenus, aurait pu être élargi à l’échelle nationale. Un projet de recherche mené par « L’apathie c’est plate » en 2008 a permis de constater, par des sondages, que les résidents du Nord canadien, surtout les Autochtones, reconnaissent qu’il leur est difficile de voter aux élections fédérales, pour des raisons liées surtout à l’accessibilité, la compréhension et la présentation de pièces d’identité valides, mais aussi de sensibilisation et de connaissance du système électoral fédéral (par opposition aux élections territoriales ou de bande). À ce moment-là, « L’apathie c’est plate » avait fait part à Élections Canada qu’il serait possible de profiter des changements aux exigences en matière d’identification pour accroître l’accessibilité des élections pour les Canadiens du Nord de façon novatrice et proactive14. Les cartes d’information de l’électeur étaient un choix logique, surtout que, même avant le projet pilote d’Élections Canada, nos chercheurs avaient constaté que bon nombre de personnes estimaient que cette carte était une forme acceptable d’identification car elle semblait contenir toutes les informations indiquées comme acceptables sur les bulletins des députés15. Dans un sondage mené par Ekos, 72 % des sondés ont indiqué qu’il était plus facile ou beaucoup plus facile d’utiliser la carte comme preuve d’identité16.

Élections Canada a estimé que, aux élections fédérales, de 2011, 120 000 électeurs avaient été autorisés à voter grâce à l’intervention de répondants17. Cette méthode est particulièrement adaptée aux jeunes vivant en ville qui n’ont pas de pièces d’identité appropriées, mais dont les amis et la famille en ont. Nous comprenons bien que les électeurs ont 39 types de pièces d’identité leur permettant de prouver leur identité et leur résidence18, mais il n’en demeure pas moins qu’ils doivent disposer d’une pièce d’identité mentionnant leur résidence effective. Si leur grande mobilité fait en sorte que leur adresse est incorrecte sur les pièces d’identité requises, ce n’est pas une seule pièce d’identité qui est invalidée parmi tant d’autres, mais l’ensemble des preuves d’adresse.

Les répondants et les cartes d’information de l’électeur sont d’importants facteurs dont il faut tenir compte pour corriger le recul de la participation électorale des jeunes et donc dans le débat sur le projet de loi C-23. Si ces deux mécanismes sont éliminés du processus électoral, il sera important d’analyser le nouveau problème que cela pourrait constituer pour les jeunes électeurs. Il faudrait donc mettre sur pied de nouveaux programmes et stratégies qui faciliteront l’inscription sur les listes électorales et seront adaptés à la forte mobilité des jeunes. « L’apathie c’est plate » encourage, par exemple, la mise sur pied des campagnes d’inscription mobiles dirigées par des jeunes, qui touchent les jeunes là où ils sont et les aident dans le processus. Si l’on met en place des critères plus stricts pour l’identification, il serait crucial de se poser la question de savoir ce que l’on fera pour contrer les éventuels problèmes que cela posera pour les jeunes en âge de voter qui ne sont pas correctement inscrits sur les listes.

 

Conclusion

Si « L’apathie c’est plate » reconnaît que toutes les formes de fraude électorale peuvent ébranler la confiance que les Canadiens, surtout les jeunes, placent dans la démocratie, elle tient à souligner que la vie démocratique constitue un difficile équilibre entre la sécurité et l’accessibilité. Nous encourageons tous les parlementaires qui auront l’occasion de débattre du projet de loi C-23 de se demander, lorsqu’ils chercheront à protéger la démocratie contre les risques liés à des considérations administratives, comment ne pas exposer notre démocratie à un risque aussi important lié au comportement électoral des jeunes : le recul immédiat et futur de la participation électorale des jeunes et l’impact que cela peut avoir sur leurs habitudes à plus long terme. Une démocratie peut être bien administrée et exempte d’irrégularités, mais quelle valeur aura-t-elle si cette« régularité » se fait aux dépens de citoyens en les décourageant de participer au processus démocratique?

 

Les jeunes Canadiens méritent de faire partie du processus démocratique et nous avons besoin d’eux comme citoyens engagés. Le sens civique est le nerf de notre démocratie. Si nous ne mobilisons pas les jeunes aujourd’hui, nous risquons de fragiliser la démocratie et de démobiliser une génération. « L’apathie c’est plate » espère que la mobilisation des jeunes comme électeurs sera un volet important du débat sur le projet de loi C-23. Nous continuons d’être engagés envers notre mission caritative non partisane, à savoir éduquer les jeunes sur la démocratie et nous réjouissons de continuer notre travail important auprès de nombreux intervenants qui ont un rôle critique dans le débat.

 

À propos de « L’apathie c’est plate »
Fondé en 2004, L’apathie c’est plate, est un organisme national non partisan, dirigé par des jeunes, qui utilise l’art et la technologie afin de sensibiliser les jeunes à la démocratie et de les encourager à devenir des citoyens actifs.

Le Conseil pour l’engagement électoral des jeunes est un groupe non partisan de citoyens éminents issus du monde de la politique, des affaires, de la presse, de la philanthropie, et du milieu universitaire. Les membres du Conseil partagent une passion commune pour la mobilisation des jeunes et la démocratie, et désirent que des mesures soient prises pour lutter contre le désengagement de la jeunesse canadienne. Le président fondateur du  Conseil est Monsieur Jean-Pierre Kingsley, ancien directeur général des élections du Canada et ancien président et directeur général de la Fondation Internationale pour les Systèmes Électoraux. Les objectifs du Conseil sont:

  • de promouvoir la sensibilisation et l'action sur la question de l'engagement de jeunes électeurs, soit pendant ou entre les périodes électorales;
  • de réunir des experts et intervenants dans ce domaine pour partager les connaissances; et
  • de s’assurer que des mesures efficaces soutenant l’engagement électoral des jeunes soient largement appliquées et soutenues

 

Approbation de la présente déclaration
Le conseil d’administration de « L’apathie c’est plate » ainsi que les membres suivants du Conseil pour l’engagement électoral des jeunes approuvent la présente déclaration sur la Loi sur l’intégrité des élections:

Jean-Pierre Kingsley – président fondateur
Directeur général des élections du Canada (1990-2007)

L’honorable Lloyd Axworthy
Président and Vice-chancelier, University of Winnipeg

Dr. André Blais
Directeur, Chaire de recherche du Canada en études électorales, Université de Montréal

Penny Collenette
Professeure auxiliaire, faculté de droit de l’Université d’Ottawa

Ilona Dougherty - vice-présidente
Présidente et cofondatrice, L'apathie c'est plate

Mackenzie Duncan - vice-président
Président du conseil d'administration et cofondateur, L'apathie c'est plate

Dr. Youri Cormier – vice-président
Directeur exécutif, L'apathie c'est plate

Dr. Elisabeth Gidengil
Professeur Hiram Mills, Centre pour l'étude de la citoyenneté démocratique, faculté de science politique, Université McGill

Frank Graves
Président, les Associés de recherche EKOS

Dr. Richard Johnston
Chaire de recherche du Canada en opinion publique, élections et représentation, Université de la Colombie-Britannique

Tasha Kheiriddin
Écrivaine, diffuseuse et commentatrice politique

Le très honorable Paul Martin
Premier ministre du Canada (2003-2006)

Anne McGrath
Conseillère de campagne, Nouveau Parti démocratique du Canada

L’honorable Audrey McLaughlin
Chef du Nouveau Parti démocratique du Canada (1989-1995)

Peter G. White
Premier secrétaire du Premier ministre Brian Mulroney et activiste politique éternel

 

 

 


1 http://www.studentvote.ca/2011/results/index.php?id=1
2http://www.nanosresearch.com/library/polls/POLNAT-W14-T599.pdf
3McIntosh, Hart & Youniss, The Influence of Family Political Discussion on Youth Civic Development: Which Parent Qualities Matter? Political Science and Politics, vol. 40, no 3 (juillet 2007), p. 495-499
4Élections Canada, Statistiques sur la participation électorale depuis 1945
5Élections Canada, « Estimation du taux de participation par groupe d’âge et par sexe à l’élection générale fédérale de 2011 http://www.elections.ca/res/rec/part/estim/estimation41_f.pdf»
6Mark N. Franklin, Voter Turnout and the Dynamics of Electoral Competition in Established Democracies Since 1945, Cambridge, Cambridge University Press, 2004.
7Joshua Harder and Jon A. Krosnick, Why Do People Vote? A Psychological Analysis of the Causes of Voter Turnout, Journal of Social Issues, Vol. 64, No. 3, 2008, pp. 525-549.
8Donald P. Green and Alan S. Gerber, Get Out The Vote! How to Increase Voter Turnout. Brookings Institute, 2008.
9Donald P. Green and Alan S. Gerber, Get Out The Vote! How to Increase Voter Turnout. Brookings Institute, 2008.
10Ont effectué un examen du sujet: Joshua Harder et Jon A. Krosnick, dans Why Do People Vote? A Psychological Analysis of the Causes of Voter Turnout, Journal of Social Issues, vol. 64, no. 3, 2008, p. 525- 549.
11Dietlind Stolle, Faculté de science politique, Université McGill http://bridgingdifferences.mcgill.ca/en/English_school_participants.pdf
122011 Voters List Quality Measurement, Elections BC, October 2011
13l faudrait légèrement réviser à la baisse ce chiffre en raison du nombre de jeunes immigrants reçus et qui n’ont pas encore leur carte de citoyenneté canadienne.
14Ilona Dougherty et Adrienne Smith (L’apathiec’estplate), rapport présenté à Élections Canada: Implementation of the Identification Requirements in the Canadian North, 7 octobre 2008
15Ilona Dougherty et Adrienne Smith (L’apathiec’estplate), rapport présenté à Élections Canada: Implementation of the Identification Requirements in the Canadian North, 7 octobre 2008
16 Élections Canada, sondage auprès des administrateurs sur l’utilisation de la carte d’information de l’électeur comme preuve d’adresse, 2011.
17http://www.cbc.ca/news/canada/prince-edward-island/fair-elections-act-could-deny-vote-to-thousands- council-1.2536884
18Fiche d’information : Loi sur l’intégrité des élections-Réprimer la fraude électorale http://www.democraticreform.gc.ca/fra/content/fiche-dinformation-loi-sur-lintegrite-des-elections-reprimer-la- fraude-electorale

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