Cela a commencé tout simplement. Joel Plaskett a remarqué qu’il avait trois chansons dont chacun des titres était un mot répété trois fois : la chanson à saveur country « Rolling, Rolling, Rolling »; la ballade sentimentale au piano « Rewind, Rewind, Rewind »; et la chanson pop « Gone, Gone, Gone ».
Je me disais, et bien, j’ai déjà ces chansons dont le même mot est répété trois fois dans le titre », dit Plaskett. « Peut-être que je devrais faire un album entier dont tous les titres de chansons comportent le même mot répété trois fois. Ensuite je me suis dit, et bien, j’ai toutes ces autres chansons qui n’ont pas cette caractéristique, mais je veux aussi produire un album… alors je n’aurai qu’à produire un triple disque! L’idée m’est venue assez rapidement ».
Une fois que Plaskett a décidé du concept du Trois, les références à ce chiffre ont abondées dans ses chansons : entre autre le compte du « 1-2-3 » et le décompte « 3-2-1 » dans la même chanson (en fait, à deux lignes d’intervalle chacune); « Good things come in threes »(Les bonnes choses viennent en trois); plusieurs allusions à « 33 1/3 » (son âge au moment où il a enregistré son album); et qu’il a travaillé sur 33 chansons dans son projet d’album.
« Dans « Deny, Deny, Deny, » », dit-il, « c’est comme quand il n’y a que toi et moi, pourquoi est-ce qu’il y a toujours un troisième élément? Il y a toi et quelqu’un d’autre [dans une relation de couple], mais il y a toujours une troisième chose : une autre personne, ton emploi, ton destin ou encore les deux personnes qui se transforment en une troisième. J’ai essayé d’apporter cette idée dans mes réalisations musicales. »
Si les choses se séparent toujours en trois, est-ce que ces albums, qui sont séparés selon les trois phases d’un voyage : le départ, la séparation et le retour, le seront aussi? « Le premier disque parle principalement du fait de partir ou d’être laissé par quelqu’un qui s’en va, » expliqu-t-il. « Ça change de perspective au cours des chansons, être le voyageur, qui voyage librement et sans luxe, ou être celui qui est laissé seul. Le premier disque a une influence marquée de musique soul, et c’est le plus rock ‘n’ roll. Le deuxième disque parle de la solitude, peu importe où tu te trouves. Que tu te sois perdu ou que tu sois délibérément resté seul, tu dois avancer par toi-même, et tu es laissé à tes pensées noires et à ta propre solitude. Je pensais qu’il s’agissait d’une bonne opportunité, avec le deuxième disque de la série de Trois, de faire un album folk plutôt sombre, dans le contexte où deux autres éléments ne sont plus. Et le troisième disque est plutôt le lent retour à la maison, et l’idée de revenir d’où tu viens. La légèreté du troisième album aide à faire un portrait complet ».
Bien sûr, l’idée de voyager autant est une seconde nature pour Plaskett, qui le prouve tout le long de ses spectacles et à tous les soirs où il est en prestation. « L’aboutissement de ces enregistrements est venu avec une tournée de deux ans que je n’avais jamais expérimenté auparavant », dit-il. « En 2006, 2007 et au début de 2008, j’ai fait une tournée presque sans aucun arrêt, je suis allé en Australie trois fois – dont une fois pour six semaines, ce qui a été une expérience épique. » En fait, Plaskett a acquis sa réputation d’artiste consistent, excitant et dynamique sur scène tout au long de sa carrière, même lorsqu’il était adolescent avec le groupe Trush Hermit d’Halifax dans les années 90. Il recueille aussi un succès de plus en plus grand, des critiques positives et un succès commercial avec les albums « In need of Medical Attention » (1999) et « Down at the Khyber » (2001) de son excellent groupe, The Emergency (Dave Marsh à la batterie et Cris Pennell à la basse). Il a tout autant de succès en solo avec ses albums Truthfully Truthfully (2003) et La De Da (2005) des enregistrements MapleMusic.
Depuis 2006, Plaskett est parti en tournée tant en solo qu’avec son groupe The Emergency, il a donné des spectacles à guichets fermés dans des bars et dans des salles de spectacles partout au Canada, aux États-Unis, en Angleterre et en Australie. Il a le vent dans les voiles avec ses succès canadiens dont son DVD « Make A Little Noise (2006) et son album « Ashtray Rock » (2007). « Make A Little Noise » a engendré le hit « Nowhere With You », qui a permis à Plaskett d’être dans le top 10 à la radio « Adult Contemporary » (AC). Il a aussi recueilli trois East Coast Music Awards en 2007 (ECMAs). Il a gagné dans la catégorie chanson avec « Nowhere With You », dans la catégorie DVD avec « Make A Little Noise » ainsi que le prix du meilleur auteur-compositeur-interprète. « Ashtray Rock » était en nomination pour le prestigieux prix « Polaris Music Prize ». Plaskett, en tant qu’artiste solo et avec son groupe, a gagné chacun des prix pour lesquels il était nominé en 2008 aux ECMAs, soit le meilleur album solo, le meilleur album de groupe, la meilleure chanson (avec « Fashionable People », un autre de ses hits), le meilleur vidéo-clip (aussi avec « Fashionable People »), la meilleure chanson rock et le meilleur auteur-compositeur-interprète. Il a aussi été en nomination plusieurs fois aux Juno (pour les catégories auteur-compositeur-interprète de l’année avec Neil Young) et a gagné le premier prix au « Great American Song Contest » de 2008 et au « Billboard World Song Contest » pour la chanson « Fashionable People » (dans la catégorie chanson pop). C’est le genre d’évènement qui te redonne de la motivation et du support…
Et Plaskett voyage tant musicalement que physiquement. De façon générale pour lui, « Three » est un mélange éclectique de styles, allant du rock ‘n’ roll de la chanson « Wishful Thinking » aux rythmes country de « Pine, Pine, Pine »; au folk acoustique de « New Scotland Blues » jusqu’au pop rock de « Deny, Deny, Deny ». Plaskett a aussi exploré quelques nouveaux instruments ces derniers temps, comme le tin whistle, une flûte en bois originaire de l’Angleterre, dans sa chanson « Sailor’s Eyes », la pédale sèche de la guitare électrique dans « Every Time You Leave Me Alone », et le cor, quelque peu sentimental, dans la première chanson de son premier album « Trough & Trough & Trough ».
Une autre nouveauté dans son album Three est la combinaison de deux voix féminines chantant à l’unisson à l’arrière. Tout a commencé en février 2008 à la conférence nord-américaine sur le folk à Memphis, où Plaskett a rencontré l’auteur-compositeur-interprète Rose Cousins (qu’il a connu en Nouvelle-Écosse) et Ana Egge (de Brooklyn). Il a appelé un ami de Memphis, Doug Easley – qui avait précédemment enregistré un album pour Thrush Hermit – et lui a réservé un studio d’enregistrement, tout en invitant ses amis chanteurs.
« Nous avons enregistré la version de sept minutes de « Wishful Thinking », et je leur ai assigné chacun une partie de la chanson », dit Plaskett. « C’était supposé duré trois minutes et demie, mais j’ai juste continué d’écrire des vers sur le moment de l’inspiration. J’ai créé plusieurs choses. Toutes ces parties où ils font « Hee! » et « Hoo! » Je me disais, okay, c’est comme ça que je veux qu’on enregistre la chanson. C’est vraiment cool. Écrire sur le moment de l’inspiration, créer vraiment rapidement et spontanément, compléter des parties une fois rendu dans le studio ». C’était la première chanson enregistrée pour l’album « Three », mais Plaskett a tellement aimé le résultat que quand il est venu pour enregistrer par lui-même dans son propre studio de Scotland Yard, à Darmouth, il a rappelé les deux femmes pour venir chanter dans la plupart des chansons de son album.
« Three » marque aussi la première fois où Plaskett a enregistré avec son père, Bill, un musicien de longue date. Plaskett père, dont les goûts musicaux tournent principalement autour du Folk britannique des années 60, comme Bert Jansch et Fairport Convention, joue de la guitare et chante de façon semie-professionnelle dans un groupe appelé Starboard Side, qui a enregistré un album pour la CBC. « J’ai grandi en l’entendant jouer beaucoup », dit Plaskett le plus jeune. « Il m’a invité à jouer avec lui à plusieurs occasions lorsque j’avais 14 et 15 ans. Il aurait joué du folk la nuit à quelque part, je me serais levé pour aller jouer une chanson avec lui… Au cours des dernières années, je l’ai invité à se joindre à mon groupe, ou à faire des spectacles ensemble. Je me suis simplement dit que ce serait bien de pouvoir enregistrer cela. Alors il joue de la guitare ou [4 cordes] de la guitare tenor dans plusieurs reprises de chansons de l’album Three
Lors de la prochaine étape de la tournée de « Three », Plaskett va présenter un spectacle acoustique beaucoup plus allégé, et il sera accompagné de son père Bill, de Rose Cousins et d’Ana Egge. Les autres membres du groupe « The Emergency » seront aussi de la partie lors des dernières représentations de la tournée (incluant Massey Hall à Toronto). Alors après 6 mois et des douzaines de chansons enregistrées, c’est le retour sur la route et les derniers mots de Plaskett. « Three » est un album sur le voyage », dit-il. « C’est difficile, car tu veux faire de la musique qui sera universellement reconnue en dehors de ton petit monde. La vie de tournée d’un musicien, ce n’est pas facile, mais en même temps, ce n’est pas comme si tu partais en guerre. Il y a tellement de choses incroyables à ce propos. Je pense que ma plus grande force en tant qu’artiste est de m’inspirer de mes expériences personnelles, ou au moins de mes observations personnelles ou de donner à l’audience une idée de ce qui me tient à cœur. Dans le cas de mon dernier album, je considère avoir créé une œuvre quelque peu autobiographique, tout en étant en partie de la fiction à certains instants.
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